Spiritualité


     Devenir adulte dans la foi 

Une époque de doutes
Au cours des dernières décennies, le doute a envahi bien des chrétiens: la Bible est-elle crédible ? Son contenu est-il historique ? Jusqu'il y a un siècle, on acceptait tout à la lettre. Mais nous nous trouvons aujourd'hui à l'extrême opposé. Après un attachement excessif à la lettre, tout est désormais soupçonné de n'être que figures et symboles. Même dans la communauté chrétienne flottent un scepticisme généralisé et le lourd soupçon que rien ne serait crédible. Alors que jadis le doute ne hantait que quelques exégètes, il s'est aujourd'hui généralisé.

On sait depuis longtemps que la Création ne s'est pas effectuée en six jours: la première page de la Bible ne répond pas à la question du "comment" la création s'est déroulée, mais à celle du "par qui" et du "pourquoi". Même les évangiles se contredisent. Matthieu dit que c'est le centurion qui s'est adressé à Jésus, alors que Luc prétend qu'il lui a envoyé ses serviteurs. Et le malade, était-il un esclave ou l'enfant de l'officier ? Quant aux apparitions de Jésus après sa résurrection, Luc les place à Jérusalem, d'autres au bord de la mer de Galilée.

Toutes ces questions ont conduit certains à affirmer péremptoirement qu'aucune certitude n'est possible. Mais, ajoutent-ils avec Bultmann, ce n'est pas nécessaire. Nous n'aurions pas besoin du Christ historique pour accéder à la foi. Nous avons le Christ de la foi, et cela suffit. Une telle position est indéfendable: le Christ ne peut se réduire à une idée. La foi chrétienne ne se fonde ni sur un mythe ni sur une philosophie. Le christianisme prétend à juste titre qu'il prend solidement appui sur le socle de faits. S'il n'en était pas ainsi, le christianisme ne serait pas différent de tant d'autres religions ou de sagesses humaines. Le christianisme perdrait alors une importante originalité: le fait d'être une religion historique.

Certes, tous les fidèles ne peuvent pas toujours rendre raison de la véracité de la Bible. Pour ce faire, des experts sont disponibles et nécessaires. Pourtant, il est bon que chacun ait quelque idée de la fiabilité globale des sources auxquelles il peut nourrir sa foi. La question reste donc actuelle: l'Ecriture n'est-elle qu'un recueil de précieux récits légendaires ou bien relate-t-elle aussi des faits historiques ?

S'abstenir de généraliser
Le chrétien doit d'abord se rendre compte que la Bible n'est pas un livre, mais une bibliothèque d'ouvrages de genres très différents: histoire, textes législatifs, poésie, sagesse, proverbes, prophéties, développements doctrinaux, témoignages de croyants... L'Ancien Testament, surtout, propose des genres très variés. Dans les évangiles, nous trouvons des témoignages historiques, mais ceux-ci ne visent pas seulement ni d'abord à décrire avec précision tout ce qui est arrivé. Ils n'en sont pas moins fiables pour autant. Mais ils abordent tout du point de vue de la foi, qu'ils cherchent à éveiller et à soutenir. Les faits que rapporte un évangile, sont au service d'une prédication qui veut inciter à la conversion au Christ.

On dit trop facilement: "Certaines choses ne sont pas historiques, donc rien, dans la Bible, ne peut être considéré comme historique". Non! Chaque passage doit être examiné pour lui-même. Les généralisations sont tout aussi peu scientifiques et injustifiées que le fait de tout considérer béatement comme historique.

Une abondante documentation ancienne
Nous ne disposons plus des manuscrits originaux de la Bible. Ceux de Luc et de Matthieu ne nous sont plus accessibles. Par contre, nous disposons de manuscrits plus vieux encore que ceux de beaucoup de grands auteurs antiques. Deux passages de la passion selon Jean nous sont parvenus dans un document antérieur à 150. Et il existe deux textes complets du Nouveau Testament qu'on peut dater entre 314 et 340. Moins de trois siècles se sont donc écoulés entre la mise par écrit des évangiles et les textes complets que nous lisons aujourd'hui. Cela peut sembler long, mais comparons: les tragédies du dramaturge grec Euripide ne nous sont accessibles que dans une copie effectuée 1600 ans plus tard; pour Sophocle et Eschyle, il faut compter 1400 ans, tandis que les dialogues de Platon ne nous sont parvenus que par des documents réalisés 1300 ans après la mort de l'auteur. Quant aux poèmes du romain Virgile, ils ne nous sont connus que par des copies effectuées 400 ans plus tard. Le texte du Nouveau Testament est donc bien plus ancien. Il est d'autant plus fiable. Même la quantité des copies des évangiles est impressionnante: pas moins de 2500, dont 40 remontent à plus de mille ans. Ces chiffres sont nettement supérieurs à ceux relatifs à d'autres grands écrivains de l'antiquité.

Les auteurs: qui et quand ?
Les textes apparaissent tout à fait crédibles. Ils fournissent en outre bien des renseignements sur leurs auteurs. Comme le veut la tradition, Luc semble avoir été médecin. Lorsqu'il relate des guérisons, il emploie des termes techniques inconnus des autres évangélistes. Il fut certainement aussi un compagnon de Paul. Dans les Actes, il emploie tout à coup le pluriel: le "nous" qui désigne Paul et lui-même. Il semble bien avoir composé le troisième évangile et les Actes, et sa théologie présente beaucoup d'affinités avec celle de Paul. Quant à Marc, on sait qu'il fut en contact avec Pierre. Il évoque à trois reprises le reniement de ce dernier. Il ne cherche pas à le ménager. Mais il parle aussi du rôle important de Pierre, de sa foi et de sa "primauté". Dans les lettres de Paul, on peut suivre l'évolution de sa pensée. On peut en conclure que l'épître aux Hébreux n'est pas de sa main, car ni son style raffiné ni son vocabulaire ne sont pauliniens.

D'après la plupart des exégètes, la rédaction finale des évangiles tels que nous les possédons, daterait d'environ trente à quarante ans après la mort et de la résurrection de Jésus. Mais auparavant des "recueils" ont circulé, contenant des paroles et des miracles de Jésus. S'ils n'avaient pas existé, on s'expliquerait mal que les trois premiers évangélistes présentent certains faits ou paroles presque dans les mêmes termes. Ils devaient avoir ces "recueils" sous les yeux. Par ailleurs, ils ont parfois fait montre de liberté. Car ils écrivent pour des communautés ayant chacune leurs centres d'intérêt. Matthieu vit dans une communauté de judéo-chrétiens: il abordera donc plus souvent le rôle des Juifs. Jean écrit alors que les chrétiens avaient été exclus des synagogues par les Juifs: il leur manifeste dès lors moins de sympathie et souligne avec insistance leur attitude négative par rapport à Jésus. Marc, dont l'évangile semble le plus ancien, n'aurait pas connu la chute de Jérusalem en 70 ou la persécution des chrétiens par l'empereur Néron en 64-65. Mais certains émettent des doutes à ce propos.

Peut-on aussi se fier aux témoins ?
Les évangélistes sont familiers des moeurs de l'époque de Jésus. Ils connaissent le pèlerinage à Jérusalem que devait faire un garçon de douze ans, ainsi que les pèlerinages que tous doivent y effectuer lors des grandes fêtes. Ils savent que la route qui mène de Jérusalem à Jéricho est déserte et rendue dangereuse par la présence de brigands. Ils savent comment on lisait l'Ecriture dans la synagogue et que des Juifs ne peuvent entrer dans des demeures de païens. Ils connaissent aussi le caractère de nombreux personnages, comme la cruauté d'Hérode le Grand qui tua plusieurs de ses femmes. Ils savent que Pilate était procurateur de Judée et que Hanne avait un rôle important au sein du Sanhédrin, alors qu'il n'était plus grand-prêtre. Ils connaissent le dédain des Juifs envers les Samaritains, les débats entre Pharisiens et Sadducéens, ainsi que les attentes de la venue prochaine du Messie au temps de Jésus. Les évangélistes sont bien informés.

Sont-ils honnêtes ? N'ont-ils pas enjolivé les paroles et les actes de Jésus? On sait que les évangiles ont été écrits à la lumière de la foi pascale, dans des communautés qui relisaient tous les faits sous cet angle. Dès lors, les évangélistes n'ont-ils pas harmonisé les paroles et les actes de Jésus d'avant Pâques, avec ce qui s'est passé après la Résurrection, par exemple en amplifiant ce que Jésus avait dit ? Jésus aurait-il pu dire avant l'Ascension: "... les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit" (Mt 28, 19) ?

Certes, les évangélistes ont parfois mis dans la bouche du Jésus d'avant Pâques des formulations plus tardives. Cela n'a rien de malhonnête, car ces paroles restent vraies. Les évangélistes ont anticipé certaines paroles. Cela nous arrive aussi lorsque nous figeons les paroles d'un défunt.

Par ailleurs, nombreux sont les textes qui plaident en faveur de l'authenticité: on peut les attribuer à Jésus lui-même. Il appelle Dieu son Père (abba, papa), ce qu'aucun Juif n'aurait osé faire. Un "rabbi" ne choisit pas ses disciples ; au contraire, c'est eux qui le choisissent. Jésus a fait l'opposé: il a lui-même choisi ses disciples. Les "rabbis" interpellent les pécheurs et ne vont sûrement pas manger chez eux, comme le fit Jésus. En outre, les textes n'ont rien de légendaire: leur style est simple, direct et très personnel : Jésus est présenté comme un serviteur, un berger ou un ami des enfants et des pauvres. Par ailleurs, il parle avec une singulière autorité : "Je suis le chemin, la vérité et la vie" ou " Dans la loi de Moïse, il est écrit, mais moi je vous dis..."

Peut-être les évangélistes ont-ils enjolivé les textes, mais pas au point de les déformer ou de les rendre incroyables. Car ils rapportent aussi des choses qu'ils n'ont certainement pas idéalisées: Jésus fut tenté; il ignore quand viendra la fin; il vit une pénible agonie à Gethsémani; il semble abandonné sur sa croix... Même le portrait des disciples n'est pas toujours très flatteur: Pierre renie Jésus par trois fois; Jean et Jacques se montrent arrivistes et se disputent la première place; tous les disciples s'enfuient lors de l'arrestation de Jésus. Presque rien ne nous est parvenu au sujet de l'enfance de Jésus, une période qui occupa pourtant les neuf dixièmes de sa vie. C'est néanmoins un âge qui intéresse toujours les récits légendaires. Le "comment" et le "quand" de sa résurrection ne sont décrits par aucun des quatre évangélistes. Leur fiabilité ressort encore davantage lorsqu'on compare leurs témoignages avec le luxe de détails dont foisonnent les évangiles apocryphes à propos de la résurrection. Ces apocryphes sont des récits tardifs, romanesques, qui visent à enrichir l'imagination. L'Eglise ne les a donc jamais reconnus, même s'ils ont encore aujourd'hui leurs défenseurs.

                                                                     
       Atta privat

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